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Le premier indice fut créé en 1884 par le fondateur du « Wall Street Journal », qui voulait expliquer à ses lecteurs les variations des marchés.

Né il y a 132 ans à New York, l’indice Dow Jones des 30 valeurs vedettes de Wall Street a survécu à plusieurs krachs et à deux guerres mondiales. Mais il n’a plus grand chose à voir avec son aïeul, créé il y a plus de cent ans par le journaliste Charles Dow, le fondateur du groupe de presse Dow Jones qui voulait expliquer les variations de la Bourse à ses lecteurs.

Un reflet de l’évolution du capitalisme américain

La toute première version de l’indice ne comprenait que onze entreprises, dont neuf compagnies de chemin de fer. Elle fit son apparition le 3 juillet 1884 dans une feuille de chou baptisée le « Customer’s Afternoon Letter », qui devait par la suite devenir le « Wall Street Journal ». Mais ce n’est qu’en 1896 qu’un indice industriel plus ambitieux, composé de 12 grands noms, fut créé pour figurer chaque jour dans les pages du quotidien des affaires, né la même année. Des douze entreprises composant alors l’indice, une seul en fait encore partie aujourd’hui : General Electric (ex-Edison).

En 1916, l’indice fut étendu à 20 noms, puis à 30 en 1928. Sa structure n’a plus changé depuis. Marquée par quelques grands symboles, l’évolution de sa composition a néanmoins reflété celle du capitalisme américain. Le sidérurgiste US Steel, entré parmi les premiers en 1899, fut ainsi exclu de l’indice en 1991. Entrés en 1916, le constructeur automobile General Motors, ou l’opérateur télécom AT&T durent céder leur place à Cisco en 2009, et à Apple en 2015.

L’entrée tardive des valeurs technologiques

Soucieux de privilégier des entreprises matures et peu volatiles, le comité décidant de la composition de l’indice a en effet tardé à intégrer les valeurs technologiques, ne faisant entrer Intel ou Microsoft qu’en 1999. Il a aussi laissé entrer les grandes banques avec une grande parcimonie : seules Goldman Sachs et JP Morgan Chase figurent dans la liste. La crise financière et les vagues de fusions-acquisitions assurent en outre un tri épisodique : Kraft Food a remplacé l’assureur AIG, nationalisé en septembre 2008. Puis Kraft, scindé à son tour par ses actionnaires, fut remplacé par l’assureur santé UnitedHealth.

L’indice lui-même a changé de mains. En 2010, il a été racheté par la bourse de Chicago CME, qui l’a ensuite rapproché de l’activité indices de McGraw-Hill (Standard & Poor’s). Car d’autres indices ont prospéré depuis 1896, dont le fameux S&P500, qui suit une spectre plus large d’entreprises que le Dow Jones et tend de plus en plus à le remplacer comme référence pour les marchés. Mais le Dow Jones conserve une place à part. « Quand le Dow dépassera les 20.000 points, cela sera célébré, prédisait il y a quelques années Julius Ridgway, un conseiller financier. Quand le S&P dépassera les 2000 points (ce qui s’est produit en août 2014, ndlr), personne ne s’en apercevra en dehors de l’industrie ».

SKB

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