ECONOMIE: Les matières premières « durablement dans le creux de la vague »

matieres-premieres

La récente remontée des cours ne doit pas faire oublier que, du pétrole aux céréales, l’offre mondiale reste excédentaire, dit l’économiste Philippe Chalmin. Le fondateur de CyclOpe donne ses prévisions pour l’année.

Surtout, ne pas trop s’enthousiasmer. L’impressionnante remontée des cours des matières premières à l’automne 2016 sera lentement digérée par les marchés en 2017. Philippe Chalmin, professeur à l’université de Paris-Dauphine et fondateur du groupe CyclOpe dont il présente ce jeudi les prévisions pour l’année, en fait le pari. Ce n’était là qu’un « mini choc » qui a corrigé des situations de prix « anormalement bas », explique l’économiste et historien, comme le gaz américain ou même le pétrole. Mais, « globalement, les niveaux des cours des matières premières devraient rester au creux de la vague… et pour un certain temps ».

Plusieurs ressources naturelles ont d’ailleurs déjà amorcé leur repli. A l’image du cacao dont les cours ont reculé de 10% en deux mois. D’autres comme les métaux non ferreux, en particulier le zinc, le plomb, l’étain et le cuivre, après avoir monté depuis des semaines, se situent désormais à l’aube de 2017 à des niveaux « relativement élevés » par rapport aux fondamentaux des marchés.

Le baril de pétrole n’ira pas au delà de 60 dollars

Car nombre de ces marchés devraient rester excédentaires, étaye Philippe Chalmin. « Certes, on voit les producteurs réduire leur production, c’est le cas dans le pétrole, mais les marchés ont déjà ‘acheté’ la baisse de la production, cela n’ira donc pas plus loin ». Sur 2017, CyclOpe prévoit ainsi un baril de Brent à 54 dollars en moyenne et un baril de brut américain à 51 dollars (tous deux s’échangent aujourd’hui autour de ces niveaux). En tous les cas, le baril n’ira pas au-delà de 60 dollars cette année. Ce, d’autant que l’économiste voit très vite un arrêt à la baisse de la production de pétrole de schiste américain. Une projection partagée avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a indiqué ce jeudi s’attendre à un rebond des sorties de brut aux Etats-Unis où les investissements sont de nouveau en hausse.

En outre, les pétroliers américains ne sont pas les seuls à adapter leur stratégie à la reprise des cours ces derniers mois. « On constate une relance du minerai de fer et du charbon, et éventuellement du nickel », poursuit Philippe Chalmin. Moribonds depuis plusieurs années, les prix du charbon ont bondi l’an passé (+15% en moyenne par rapport à 2015). Fin 2016, le groupe Glencore a ainsi annoncé la réouverture de plusieurs de ces mines de charbon en Australie. « On a même des perspectives de remontée dans le domaine laitier », note le fondateur de CyclOpe.

Un « effet Trump » sur la croissance américaine

Certes, on pourra compter cette année encore sur la Chine pour absorber une bonne partie de cette offre mondiale d’or noir, de métaux industriels, de fer ou de charbon. Philippe Chalmin gage que les importations chinoises des grandes matières premières – record en 2016 – vont continuer à augmenter. Pour l’économiste, il y a aussi une explication politique à cela. En octobre 2017, le président Xi Jinping entamera (a priori) son deuxième mandat de cinq ans. Dans ce contexte, « il ne peut se permettre le moindre trou d’air dans l’économie », et va donc entre autres poursuivre les investissements dans les infrastructures, grosses consommatrices de minerais et métaux.

La Chine devrait par ailleurs confirmer son appétit pour la viande : après avoir doublé ses importations de porcs en 2016, le pays devrait acheter de la viande bovine en masse cette année d’après les prévisions de CyclOpe. Les producteurs australiens et indiens seront alors les premiers à en profiter.

L’autre « joker » du secteur des matières premières en 2017 s’appelle Donald Trump, lance Philippe Chalmin : « Trump est imprévisible mais il a annoncé un programme d’infrastructures qui peut se traduire par une augmentation assez sensible de la croissance ». Conséquence, CyclOpe prédit une croissance économique de 2,5% outre-Atlantique, supérieure aux 2,3% projetés par le FMI.

JNM

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :