SOCIETE: Le tremblement de terre qui a bouleversé le cours de l’Histoire

a_partida_de_vasco_da_gama_para_a_india_em_1497

À une époque, l’Empire portugais était l’un des plus prospères au monde : il fut le premier à être implanté sur tous les continents habitables du globe. En 1755, un tremblement de terre, suivi d’un tsunami, a détruit Lisbonne et changé le cours de l’Histoire.

Lorsque l’on parle des grands empires coloniaux de l’Histoire, on pense souvent à l’Empire britannique avec ses implantations en Inde, sur les continents américain et africain, à l’Empire français, implanté en Afrique, dans les Caraïbes ou encore en Indochine, également à l’Empire espagnol, premier présent en Amérique.

On pense plus rarement à l’Empire portugais. En effet, le petit pays qu’est le Portugal a réussi par sa maîtrise de l’Art de la Marine, à prendre de nouvelles routes maritimes pour étendre les voies marchandes entre l’Europe et le reste du monde, de Rio de Janeiro à Macao en Chine.

En 1488, survient le premier succès notable de la Marine portugaise avec Bartolomeu Dias qui contourne la pointe sud du continent Africain. Dix ans plus tard, Vasco de Gama, navigateur de renom, atteint l’Inde. Dans les siècles suivants, les marins portugais ont établi des connexions avec des pays aussi éloignés que le Japon.

Au milieu du XVIIIe siècle, Lisbonne est une des villes les plus riches du monde, parmi les plus peuplées d’Europe et dont le port est l’un des plus occupés avec ceux de Galice et d’Andalousie (Espagne). Qu’est ce qui a changé depuis ce jour-là ? Mark Molesky l’explique dans son livre This Gulf of Fire : Destruction of Lisbon, or Apocalypse in The Age of Science and Reason : une catastrophe a eu lieu en 1755, a dévasté la capitale et paralysé l’Empire.

En effet, c’est au premier novembre de l’année 1755, à la Toussaint, qu’une faille se forme à plus de 300 km des côtes océaniques de la péninsule ibérique. D’une énergie équivalente à 32 000 fois celle de la catastrophe nucléaire d’Hiroshima, le tremblement de terre est ressenti de l’archipel des Açores jusqu’en Scandinavie. C’est cependant la capitale portugaise qui en souffre le plus car l’ampleur a pu atteindre 9,2 sur l’échelle de Richter. 10 000 personnes meurent ce jour-là, sous les ruines des églises, maisons et marchés. Les personnes qui réussissent à s’en sortir ne peuvent que déplorer les dégâts, sans s’attendre au tsunami qui survient ensuite.

Aussi inattendu que le séisme, le tsunami est inédit aux yeux des lisboètes. Il a probablement lieu environ une demi-heure après le séisme et ses vagues touchent jusqu’aux côtes des Cornouailles et de la Martinique. Beaucoup des survivants du tremblement de terre réfugiés dans les zones à découvert, sur les quais et dans les ports, meurent lors de cette seconde catastrophe.
Mais l’horreur ne s’arrête pas là. En effet, durant cinq jours, les régions non touchées par le tsunami sont victimes d’incendies provoqués par les feux de cheminées qui se sont écroulées en ce jour de fête religieuse. Au total, 60 000 des 275 000 habitants de Lisbonne sont tués. La majeure partie de la ville est détruite et il en est de même pour Cadix, Séville et La Corogne (villes espagnoles), ce qui bouleverse le commerce maritime international, par la suite, monopolisé par l’Europe du Nord.

La famille royale, épargnée par la catastrophe, car hors de la ville, à ce moment-là, est tout de même touchée psychologiquement. Le roi devenu claustrophobe est paralysé de terreur tandis que son entourage cherche à s’attirer ses faveurs. Cependant, c’est son Premier ministre qui, de par sa promptitude à réagir à la catastrophe, se démarque et à qui le roi délègue son pouvoir pour redresser l’économie du pays.

Il prend les choses en main pour protéger la ville des pillards et la reconstruire. Il fait jeter les corps à la mer afin d’éviter les épidémies. Les frontières et les côtes sont sécurisées contre les envahisseurs et les pirates qui pourraient profiter du chaos. Il fait en sorte que l’Église finisse la célébration de la Toussaint afin que la population ne déserte pas la ville. Il fait tout pour sa reconstruction.

Mais la politique du Premier ministre le Marquis de Pombal n’est que peu appréciée de la noblesse, qui essaie d’y mettre un terme sans succès. Les frondeurs sont emprisonnés voire bannis. Le Premier ministre est considéré comme un « despote éclairé », il veut soumettre l’Église à la couronne et est influencé par l’esprit des Lumières. Sa politique est protectionniste, la censure est omniprésente, le pays rompt son lien avec l’Espagne et en arrive à la guerre des Sept Ans. Mais il modernise le pays avant la mort du roi et l’arrivée sur le trône de sa fille, Marie Ire.

Paradoxalement, le séisme, ressenti dans toute l’Europe, a desservi, mais aussi renforcé l’esprit des Lumières. Tous les scientifiques du monde se sont penchés sur l’explication au séisme et ont fait évolué la sismologie et la géologie. Le clergé a quant à lui annoncé que c’était le doigt vengeur de Dieu contre la décadence de la société. Cette catastrophe naturelle a, sans aucun doute, rappelé à l’humanité la toute puissance de la nature.

JNM

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :