CULTURE: Litterature: Focus sur le dernier ouvrage de Efemia Chela, écrivaine et rédactrice, métis Zambienne et Ghanéenne.

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Libre pour quelle liberté ? Une réflexion sur la liberté d’expression en Afrique est une compilation des différents points de vue des artistes, des professeurs universitaires et des journalistes autour du continent d’Afrique qui ont évalué l’état des arts en Afrique et leur relation – déjà étroite – avec la liberté. Les contributions prennent diverses formes littéraires: des essais bien documentés, des courts récits bien pensés et de la poésie émouvante. Le contenu du livre est tout aussi varié et tire sa force dans l’ampleur des sujets et la recherche poussée entreprise par les auteurs.

Les contributions sur la répression et la surveillance des artistes – un enjeu urgent et mortel – mérite un grand intérêt. Chenjerai Hove dévoile les structures coloniales héritées par le gouvernement zimbabwéen dans son article, « Les bons mots sont subversifs. » Hamadou Mande, dans « La liberté de création artistique et culturelle au Burkina Faso, » présente les répercussions fascinantes de la censure, notamment dans la continuité de la rébellion et le fondement des événements créatifs.

Cet esprit artistique émerge dans les autres textes, par exemple le texte d’Aisha Dème qui examine comment les rappeurs ont influencé les élections au Sénégal. On peut lire l’histoire drôle, « Une vache bien encombrante, » d’Elana Bregin, comme une métaphore de l’art qui s’entête à rechercher la liberté.

D’un point de vue plus littéraire, l’enquête réalisée par Jesmael Mataga sur la structure légale et la politique culturelle du Zimbabwe. Ce dernier démontre comment le flou législatif donne carte blanche aux autorités pour interdire des expositions et concerts en avançant la loi sur la censure et le divertissement. En revanche, Dr. Mohamed Abusabib, éclaire comment dans le contexte soudanais, la loi agit comme un nœud coulant qui limite toute liberté d’expression surtout si elle ne correspond pas à l’idéal islamique prôné par le gouvernement. Il est clair qu’il existe autant de manières pour faire de l’art qu’il en existe pour l’étouffer.

La plupart des auteurs croient que le caractère des arts est intrinsèquement politique, comme Ellen Banda-Aaku, dans son essai intitulé, « Il faut payer pour voir. » Elle évoque les mots du poète Bertolt Brecht [1] et elle arrive à une nouvelle conclusion que l’art est un miroir et un marteau; il peut être le reflet des sociétés, mais aussi, d’une façon plus brusque, briser les hiérarchies existantes.

De nombreux contributeurs ont mise en relief ‘l’aspect du marteau’ de l’art, tout en avertissant que toutes les créations artistiques ne devraient pas être permises, ni méritent d’être affichée. Selon eux, l’Afrique est une terre au contexte particulier où « l’art pour l’art » accroît le risque d’offenser face à l’histoire raciale très sensible. En fait, la liberté doit être gagné, selon Raimi Gbadamosi dans son texte « Ceci n’est point un autre appel pour les arts » et Sami Tchak dans son émouvante histoire, « Les enfants de Norbert Zongo. » Ce sont ces textes polémiques qui attrapent le lecteur – cela fait réfléchir. Ils me donnèrent un sentiment réel qu’il faut débattre de ces idées en public.

L’article du Phiona Okumu offre un bon équilibre et fournit un degré de positivité. Elle examine les victoires des artistes dans son texte « Phase 2.0 : Comment les outils digitaux et sociaux donnent du pouvoir aux conteurs aujourd’hui et permettent des conversations africaines modernes. » Elle souligne de nombreux projets, comme les émissions télévisées populaires de marionnettes au Nigéria et au Kenya, et elle examine comment la technologie a une capacité d’inclusion et d’accessibilité – permettant à l’art d’être découvert aux travers des frontières.

De nombreuses fautes de syntaxe (ndlr: la critique se base sur la version anglaise) sont les seules critiques que je peux porter sur Libre pour quelle liberté ? Le livre aurait pu bénéficier d’une révision plus approfondie. Toutefois, il fournit une mine de renseignements et il expose les défis uniques rencontrés par les artistes africains. Il donne de l’espoir et indique que nous avons un riche vivier d’artistes courageux et un avenir fait de jeunes créatifs en train de gagner leur liberté. La compilation admet que les problèmes sont complexes. Mais nullement intimidée, elle oblige le lecteur à penser plus profondément sur le sujet de la liberté et agir pour la liberté économique et légale qui va permettre aux artistes africains de prospérer.

[1] “L’art n’est pas un miroir de la réalité, mais un marteau pour la façonner.” – Bertolt Brecht

EC

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