SPORT: Football: CAN Gabon 2017: « Pourquoi j’ai donné ma démission » (Michel Dussuyer, ex-selectionneur de Cote d’Ivoire

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C’était un secret de polichinelle. L’entraîneur des Éléphants de Côte d’Ivoire, sonné après la débâcle de son équipe à Oyem, a rendu le tablier, dimanche, au siège de la Fédération ivoirienne de football. Il s’est expliqué de sa décision pour cafonline.com.

Qu’est-ce qui a motivé cette lettre de démission ?
Cela fait dix-huit mois que je suis à la tête des Éléphants. Je connaissais la difficulté de la tâche qui m’attendait et je me suis lancé à fond dans cette mission en essayant, à chaque fois, de respecter les objectifs qui m’étaient assignés.

Pouvez-vous nous rappeler ces objectifs ?
Dans ces objectifs, il y avait la sélection nationale locale que nous avons réussi à qualifier pour le CHAN au Rwanda. On nous avait demandé d’emmener cette équipe le plus loin possible dans la compétition. Je pense que c’est ce que nous avons fait puisque nous avons disputé la finale de l’épreuve. C’est d’ailleurs la plus grosse performance de cette équipe ivoirienne dans cette compétition depuis 2009.
Il m’avait été également demandé de qualifier l’équipe nationale A pour la CAN Gabon 2017. Ce qui a été fait. Parallèlement à cela, nous sommes engagés dans le tournoi éliminatoire de la Coupe du monde 2018. Nous avons disputé le tour préliminaire contre le Libéria et débuté le tour décisif. A ce jour, nous sommes en tête de notre poule. Même s’il reste du chemin à parcourir, je pense que c’est un bon départ.

Revenons à la Can 2017. Quel était l’objectif à vous assigné par l’autorité fédérale ?
L’objectif était d’aller le plus loin possible dans cette compétition et défendre le titre arraché en 2015. Ne pas passer le premier tour est donc une grosse désillusion. Je suis conscient de la désillusion que cela a pu engendrer chez les Ivoiriens. Qu’ils sachent que je suis extrêmement déçu.

Qu’est-ce qui vous a poussé à rendre votre tablier ?
Quand un objectif n’est pas atteint, cela me touche énormément. Car je n’aime pas décevoir. Donc, après le match, je suis allé à la rencontre du président de la Fédération pour lui faire part de mon désir d’arrêter. Il m’a demandé de lui laisser le temps de consulter son comité exécutif. Je crois que c’est ce qui a été fait. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de regret que j’annonce que je quitte mes fonctions. Parce que j’étais très fier d’être à la tête des Eléphants.

Quel est l’état des lieux au moment où vous quitter le navire ivoire ?
Il y a un groupe qui est là. En deux ans, ce groupe a énormément changé. Il y a eu des départs à la retraite en cascade de certains cadres. Donc il y a eu un gros travail de renouvellement de l’effectif et je pense que ce groupe a de l’avenir. Il fallait que je parte pour préserver un climat plus serein et apaisé, sans pression négative sur ce jeune groupe.

Avec le recul, quelle explication convaincante donnez-vous pour justifier cet échec des Ivoiriens à la Can 2017 ?
Pour jouer la Coupe d’Afrique des nations, le talent seul ne suffit pas. Il faut de la volonté, parce que cette compétition demande un impact physique. Nous étions sur une bonne dynamique, par rapport aux dernières sorties. Nous avons fait un très bon stage à Abu Dhabi ponctué par deux matches amicaux intéressants. Malheureusement, j’ai ressenti une cassure dès que nous avons mis les pieds à l’hôtel, à Oyem. Depuis j’essaie de m’expliquer cela. En vain. C’est difficile d’expliquer ce qui a bien pu provoquer cette cassure.

En avez-vous parlé avec le président de la Fif ?
Je l’ai senti immédiatement et aussitôt, j’ai alerté les joueurs après le match contre le Togo. Mais sur les trois matches, je n’ai pas retrouvé mon équipe et, moi non plus, je ne suis pas parvenu à redonner un élan au groupe.

Pourquoi n’avez-vous pas changé votre organisation sur le terrain sachant que tous vos adversaires connaissaient votre jeu par cœur ?
Avant toute chose, il faut savoir que j’ai des principes. Je préfère m’appuyer sur des certitudes. C’est vrai qu’à chaque fois, nous devons aussi trouver des solutions aux problèmes que posent nos adversaires. Mais cela ne réside pas seulement dans un changement de l’organisation. Contre le Maroc, vous avez pu constater que nous sommes passé à un 4-4-2 sans succès. Il ne faut pas changer alors qu’on ne sait pas ce que cela va donner. C’est une question d’animation de jeu. Il ne faut pas oublier que dans les critères de performance, il y a le mental, la concentration etc. Sur le plan offensif, nous n’avons pas montré le visage que j’espérais.

Vous sentez-vous trahi par votre équipe ?
Trahison ? c’est trop fort. Je ne pense pas qu’il y ait un esprit de trahison. Quand on vient en sélection, on ne joue pas pour le coach, encore moins pour soi. On vient jouer pour l’équipe. De sorte que quand on n’a pas le résultat attendu, c’est un échec pour tout le monde. Maintenant, et je le répète, j’ai du mal à expliquer le décrochage entre avant et le début de la compétition. La vérité, c’est que je n’ai pas trouvé la clé pour remettre l’équipe sur le bon chemin.

Peut-on avoir une idée de la prochaine destination de Michel Dussuyer ?
Pour le moment, je n’ai aucun projet. Dans un premier temps, je vais chercher à prendre des vacances méritées après neuf ans d’activité et attendre de nouvelles propositions.

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