ECONOMIE: Pétrole : l’Opep face au paradoxe de la limitation de l’offre

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La remontée du prix du baril qui résulte des accords de limitation de production Opep/non-Opep remet dans le jeu certains gisements de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Au risque de compromettre la remontée du prix du baril ?

“Je pense que le marché [pétrolier] réagit bien et vous pouvez voir la baisse de l’offre”, s’est félicité mercredi à Doha, Mohamed Saleh al-Sada, le président en exercice de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui est aussi le ministre de l’Energie du Qatar. Une allusion aux deux accords de limitation de l’offre conclus par l’Opep, l’un en son sein, l’autre avec onze partenaires non Opep dont la Russie, qui ont pris effet le 1er janvier.

Optimisme raisonnable ou propos d’apprenti sorcier ? “Nous ne manipulons pas les prix”, se défend Mohamed Saleh al-Sada, selon qui l’Opep est “responsable de la sécurité de l’approvisionnement” du marché. Reste qu’en rationnant ses ventes d’or noir – les accords portent sur une baisse de quelque 1,8 million de barils par jour sur une période initiale de six mois – le cartel entend “rééquilibrer le marché”. Autrement dit, faire remonter le cours du baril.

Problème : comment trouver le bon équilibre entre prix et rareté ? Car le paradoxe, c’est que la hausse du prix du baril rend de nouveau rentable l’exploitation de certains gisements de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Au risque de créer une surproduction qui entraînerait à nouveau le baril dans une spirale à la baisse.

Hausse de la production américaine

Le marché mondial n’en est pas encore là. Et comme le montre le graphique ci-dessous, les cours du Brent ont signé une forte hausse depuis novembre dernier. Mais des inquiétudes se font jour, les investisseurs se focalisent sur les réserves américaines.

Mercredi à 12H00, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 54,74 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 31 cents par rapport à la clôture d’hier. En trois séances de baisse, les cours du brut ont cédé 3,8% pour le Brent et 4% pour le WTI. “Les prix se sont effondrés en cours d’échanges asiatiques alors que l’API a estimé que les réserves américaines de brut s’étaient envolées de 14,2 millions de barils la semaine dernière, ce qui représente une des plus fortes hausses hebdomadaires de l’indice”, a expliqué ce mercredi à l’AFP Fiona Cincotta, analyste chez City Index, en citant les chiffres publiés mardi soir par la fédération privée American Petroleum Institute.

” Les chiffres de l’API précèdent ceux qui seront dévoilés par le DoE [département de l’Energie ] aujourd’hui sur la base des données de l’Agence internationale de l’Energie (AIE). Hier, le ministre iranien du Pétrole a estimé que l’OPEP devrait réduire un peu plus sa production au second semestre”, écrivent les analystes d’Aurel BCG.

Pour 2017 l’AIE anticipait le 19 janvier dernier une augmentation des prix du brut sur fond de léger tassement de la demande mondiale (+ 1,3 million de barils/jour).

Mais à court terme, ajoutent les analystes d’Aurel BCG “la véritable interrogation réside dans la hausse de la production américaine, maintenant que les prix sont stabilisés”.

L’Opep fera le point en mai

Le baromètre hebdomadaire que tient à jour le groupe de services pétroliers américain Baker Hugues ( voir sa carte ) offre un début de réponse. Pour ce qui concerne le gaz et le pétrole de schiste et à la date du 3 février, le nombre de forages aux États-Unis affichait une progression de 17 unités sur une semaine et de 158 unités sur un an . La production a tendance à remonter depuis fin septembre, confirment les observateurs.

D’où cette interrogation. Les initiatives malthusiennes de l’Opep et de ses alliés ne vont-elles resolvabiliser le brut de leur concurrent américain, pourtant plus cher à exploiter ? Et dans ce cas, quid du prix du baril ? “Le degré d’adhésion (aux accords Opep/non-Opep) est très élevé”, répond pour l’heure Mohamed Saleh al-Sada.

Prudent, il a toutefois ajouté qu’il était “trop tôt pour porter un jugement” définitif et qu’il pourrait se faire “une meilleure idée” de la situation après la réunion du cartel en mai prochain.

SKB

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