SPORT: Football: Raymond Kopa: Un Grand s’en est aller !

xvm14e473ce-000e-11e7-b6c0-5a8d9094e767

Décédé vendredi à 85 ans, le Ballon d’or 1958, architecte du grand Stade de Reims et maître à jouer du Real Madrid et des Bleus, laisse derrière lui une empreinte indélébile.

Dans la famille du football français, c’était le grand-père de Zidane et le père de Platini. Raymond Kopa a quitté le terrain vendredi matin à 85 ans, victime d’un lymphome. De son passé, les jeunes générations retiendront peut-être seulement des clichés en noir et blanc. Ces deux couleurs auront escorté sa vie : le noir comme le charbon des mines où il a poussé les wagons à 14 ans. Et le blanc comme le maillot immaculé du Real Madrid où il a atteint sa plénitude.

Kopa, c’est aussi l’histoire de la France ouvrière des années 1950. De son vrai nom Raymond Kopaszewski, fils d’un mineur polonais émigré dans le nord de la France, il s’est échappé de la mine où il a laissé deux phalanges de l’index gauche. Mais il possédait des jambes de feu et une envie de fuir son destin. Il est devenu l’homme qui a ouvert les portes de la gloire au foot tricolore.

1er Gros transfert de l’histoire

c6atm2qxqaazrpu

Double champion de France avec Reims, Kopa s’engage avec le Real Madrid en 1956 quelques jours avant la finale, au Parc des Princes, de la Coupe des clubs champions entre le Real et… Reims. Il avait effectué un essai sous le maillot madrilène contre Vasco de Gama. Si l’AC Milan était aussi sur les rangs, il est allé en Espagne pour un contrat de trois ans moyennant la somme record, à l’époque, de 52 millions de francs. L’équivalent de 1 million d’euros aujourd’hui.

Blessé à la cheville, il se force à disputer la finale avec Reims pour ne pas être accusé de faire le jeu de son futur club. Mais diminué, il s’incline à l’issue d’un match un peu fou (3-4). Avant lui, Larbi Ben Barek, passé du Stade Français à l’Atlético de Madrid en 1948, avait franchi les Pyrénées. Mais il n’a pas connu la gloire qui allait accompagner Kopa dans la capitale espagnole.

1er français Ballon d’or

195b3

Positionné comme avant-centre, il s’impose rapidement au sein de la Maison blanche et remporte la Coupe des clubs champions 1957. La première pour un Français. Les deux éditions suivantes tombent aussi dans son escarcelle. A Madrid, il est surnommé Kopita par les socios en raison de son adresse et de sa petite taille, 1,68 m, presque la même que Lionel Messi. Vedette en France, puis en Espagne, Kopa finit par devenir le plus grand en Europe. Troisième du Ballon d’or en 1956 et 1957, il soulève le trophée en 1958. Il se classera aussi deuxième de l’édition suivante. Il est encore aujourd’hui, avec Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, le seul à avoir figuré, quatre saisons d’affilée, sur ce podium. Même Michel Platini, triple vainqueur, n’a pas réussi une telle performance.

Kopa retourne à Reims en 1959. Non par nostalgie de la France, mais parce que la société de jus de fruits où il a investi ses économies menace de faire faillite : son nom n’était plus assez connu dans l’Hexagone et la notoriété de sa marque se dévaluait.

1re star bleue d’une Coupe du monde

1590594_w2

En 1958, la France, alors inexistante sur l’échiquier des nations, se présente sans ambitions démesurées au Mondial suédois. A la surprise générale, les Bleus, emmenés par Kopa, vont terminer troisièmes. Il va offrir de nombreuses passes décisives à Just Fontaine, qui lui doit une partie de son record, toujours valable, de treize buts en phase finale. «Nous avons partagé la même chambre pendant trois semaines, se souvient Fontaine. Très vite, on avait appris à se connaître et à s’apprécier. J’avais compris comment me placer sur le terrain. J’ai perdu un frère. Ma tristesse est immense.» En Suède, Kopa est désigné meilleur joueur de la compétition. Ce sera son Everest avec les Bleus.

La suite sera plus douloureuse. Au début des années 1960, il est confronté à un drame personnel, avec la maladie de son fils Denis, qui l’oblige à manquer quelques stages de préparation. Le sélectionneur de l’époque, l’obscur Georges Verriest, lui explique alors, après un France – Hongrie en novembre 1962, qu’il ne bénéficiera plus d’un traitement de faveur. Outré par une telle ingratitude, quand la santé de son fils ne cesse de se dégrader (il décédera en 1963), il met un terme à sa carrière internationale. Surnommé par un journaliste anglais le Napoléon du foot français, il était doté d’un caractère entier. Mais, comme l’empereur corse, cette triste fin n’efface ni la gloire ni la trace laissée dans l’histoire. Raymond Kopa restera à jamais le premier.

Palmarès:

Raymond Kopa
Né le 13 octobre 1931 à Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais).
Clubs. Angers (1949-1951), Reims (1951-1956), Real Madrid (1956-1959), Reims (1959-1967).
45 sélections en équipe de France (18 buts).
Palmarès. 3 Coupe d’Europe des clubs champions (1957, 1958, 1959), 4 Championnat de France (1953, 1955, 1960, 1962), 2 Championnat d’Espagne (1957, 1958).
Ballon d’or 1958.
Meilleur joueur du Mondial en 1958 où la France a terminé 3e.

SKB

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :