SOCIETE: Journée mondiale de la liberté de la presse

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Tous les ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.

Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991.

La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée aujourd’hui autour du thème : « Des esprits critiques pour des temps critiques – Le rôle des médias dans la promotion des sociétés pacifiques, justes et inclusives ».

La thématique ainsi choisie s’inscrit dans le droit fil des différentes rencontres organisées ici, en 2016, aux fins d’interpeller les médias, les journalistes et la société sur la nécessité, pour nous et pour chacun, de construire la paix.

Ce fut la préoccupation de la conférence de haut niveau organisée le 25 janvier 2016 par l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar), en collaboration avec le Gouvernement sur le rôle des médias dans la consolidation de la paix.

La suite logique de cette conférence, en prélude à la tenue de la dernière élection présidentielle, avait été le séminaire national sur « l’Appui au processus électoral par le renforcement de la liberté d’expression et la sécurité des journalistes ». Ce séminaire organisé du 7 au 30 juin 2016, conjointement à Libreville, Port-Gentil, Franceville et Oyem, fut une initiative du Gouvernement, avec le soutien des partenaires internationaux, au bénéfice des professionnels des médias et des Forces de défense et de sécurité, dans le souci de garantir un climat apaisé au Gabon, notamment en période électorale.

Les lendemains de cette élection présidentielle de 2016 et les débordements qui en ont résulté obligent la communauté nationale à s’asseoir aujourd’hui autour de la table pour discuter ensemble de l’avenir du pays. Ils mettent en exergue cette problématique de la paix, comme valeur sûre pour le progrès de la nation, un combat qui, plus que jamais, devrait être au cœur des activités des médias, le contraire ouvrant la voie au chaos.

Cette Journée de la liberté de la presse survient alors que le Gabon est en train de boucler ce Dialogue national inclusif et sans tabou convoqué par le Président de la République, Ali Bongo Ondimba, dialogue à l’issue duquel les Gabonaises et Gabonais, réunis, espèrent parvenir à des consensus fédérateurs et fondateurs d’une nation prospère et équilibrée, ancrée dans les valeurs de respect, d’équité et de justice.

Quel lien établir entre cette démarche et le combat amorcé par les journalistes à Windhoek en 1991 pour revendiquer la liberté et l’indépendance des médias ?

La notion d’indépendance des médias s’inscrit assurément, pour le Gabon dans une dynamique de construction d’une société intégrée, avec des outils de communication viables et fiables.

Et si l’un des axes de la recommandation adoptée à la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991 a été la nécessité de la défense de l’indépendance des médias, convenons que ceci renvoie aussi à la posture autocritique de la part des acteurs du secteur, qui se doivent d’assumer la responsabilité de leur liberté, au plan personnel et collectif.

Dans ‘De l’esprit des lois’, Charles de Secondat, baron de Montesquieu, affirme à juste titre : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire ce qu’elles défendent, il n’aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir » .

Journalistes, techniciens et producteurs, autant que tous les diffuseurs de contenus, doivent résolument s’inscrire dans cette optique de la responsabilité, responsabilité individuelle et collective, pour s’enraciner dans la culture de la paix et la recherche permanente de la cohésion nationale.

Le nouveau Code de la communication, tant vilipendé, exprime cette option de la liberté, associée à la responsabilité.

Permettez-moi de m’étonner d’entendre les journalistes se faire les chantres d’une déresponsabilisation des imprimeurs, distributeurs et diffuseurs, rendus solidaires par la nouvelle loi en matière de délit de presse.

Pour le législateur gabonais, il est clair aujourd’hui que la loi accorde des libertés, mais définit aussi les limites pour les garantir. La suppression des peines privatives de liberté a été actée dans le nouveau Code de la communication. C’est la dépénalisation. Mais ceci ne supprime pas les délits de presse, qui instaurent des responsabilités individuelles et collectives à la fois, depuis le distributeur jusqu’à l’éditeur de publication. C’est le même système qui existe en France depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Cette responsabilité collective s’accompagne bien en France de peines, se chiffrant parfois à des dizaines milliers d’euros, en plus des emprisonnements. La loi gabonaise est bien modeste à ce sujet.

Au Gabon, certains tentent de faire croire que liberté signifie licence. Notez à ce propos qu’au mois d’avril dernier, le Gouvernement allemand a lancé une guerre contre les réseaux sociaux et a, dans son collimateur, des réseaux tels que Facebook, Twitter et autres, pour traquer et condamner à de lourdes amendes les délinquants, que ce soient des personnes morales ou physiques. Là encore, les peines se chiffrent à des millions d’euros.

Quels sont donc les standards ? Le Gabon doit disposer d’une presse libre, autonome, indépendante, prospère. Cette nécessité s’accompagne de mécanismes que nous devons tous mettre en place:

– La question de l’accès à la publicité
– La question de l’organisation des structures en entreprises de communication
– La question d’un nécessaire accompagnement de l’Etat.

Pour ce qui est de la publicité, le chantier est ouvert. Nous devons cependant convenir qu’on ne peut imposer la qualité. L’acteur qui communique fait le choix de la qualité et aucun décret n’imposera à un acteur économique le choix de son support de communication. C’est la loi du marché. Plus nous aurons des entités de qualité, plus il y aura des ressources publicitaires. Ceci concerne les média privés aussi bien que les médias publics. Aucun décret ne pourra le réguler mais le chantier est ouvert et, nous avons – au niveau du ministère – indiqué les pistes pour organiser le marché de la publicité. Nous attendons l’issue des réflexions des professionnels pour nous aider à avancer dans notre réflexion.

A la vérité, il nous faut nous approprier le nouveau Code de la communication. Au cours des discussions que nous avons dans la cadre du Dialogue national, un certain nombre d’acteurs voudraient le voir simplement abrogé. Ils ne l’ont pas lu. Ce Code de la communication apporte des avancées significatives, même si, il faut en convenir, des correctifs peuvent être apportés à son application.

Le Ministère de la Communication travaille avec le concours du CNC à l’élaboration du texte d’application. Ils travaillent également à impliquer davantage le secteur de l’économie numérique en ce qui concerne les médias en ligne qui, chacun peut le reconnaître aujourd’hui, ont pris une part de plus en plus importante dans le quotidien de nos compatriotes.

Nous avons apporté de la souplesse à l’application de ce Code de la communication grâce à un dialogue ouvert avec les éditeurs. Nous souhaitons que la collaboration, le dialogue entre les pouvoirs publics et les éditeurs, soient permanents. Rappelons que la Journée qui nous réunit ici à la Chambre de commerce doit être célébrée en toute liberté mais en toute responsabilité également.

Le Gouvernement de la République est engagé à mettre en place un cadre législatif et réglementaire qui favorisera l’émergence d’une presse entièrement libre, autonome, indépendante, et surtout une presse prospère.

La question de la presse doit être vue comme un élément essentiel qui peut contribuer à résoudre la question du chômage. Trop de jeunes gens sont sans emploi et les médias publics ne peuvent pas être le seul recours pour trouver un emploi aux jeunes journalistes sortis des écoles de formation en Afrique et ailleurs.

Nous avons donc intérêt à avoir des médias mieux structurés, mieux organisés, et plus prospères.

JNM

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