SPORT: Football: Formation: Le Cameroun tient désormais son Clairefontaine


Depuis le 10 mars 2018, 600 filles et garçons âgés de 12 et 13 ans font partie de la première cuvée de l’Académie nationale de football du Cameroun (Anafoot). Répartis dans dix pôles géographiques, 60 par région, ils seront formés durant six ans au football de haut niveau, à l’image de Clairefontaine en France, une référence parmi tant d’autres dans le domaine de l’initiation.

Pour sa première année, l’Académie nationale de football du Cameroun fonctionne en régime externat. Les pensionnaires bénéficient de trois jours de football dans la semaine. La formation étant gratuite, ils déboursent 10.000 francs CFA (environ 18 $) pour l’inscription et 40.000 francs CFA (75 $) pour le kit d’entraînement. Au terme de cette année qui sera ponctuée de diverses participations à des compétitions, les 50 meilleurs filles et garçons seront admis au Centre de formation qui, lui, fonctionnera en régime internat.

La détection de tous les pensionnaires de l’Anafoot s’est déroulée du 1er au 18 février sous la houlette des entraîneurs et d’anciens Lions indomptables tels que Michel Kaham et Salomon Olembe. L’unique point déploré durant cette étape était la faible représentativité féminine. Sur les 390 candidates recensées au cours des présélections, l’Anafoot dit avoir éprouvé des difficultés à en retenir 300 comme cela était initialement prévu. « Le nombre de filles, contrairement aux chiffres de départ, a décru du simple fait que la majorité ne répondait pas aux critères. A savoir : être née en 2005 ou 2006 », explique le directeur général Carl Enow Ngachu. L’ancien coach de l’équipe nationale féminine du Cameroun (2005-2017) pointe un doigt accusateur sur le poids des traditions et certains facteurs qui freinent l’engouement des jeunes filles.

Trois questions à Enow Ngachu, directeur général de l’Anafoot

En quoi va consister la formation des jeunes durant les six années passées au sein de votre Académie ?

« L’Anafoot, c’est un projet éducatif. L’Académie revêt une dimension humaine, intellectuelle et sportive. Nous offrirons à nos pensionnaires un cadre de formation optimal. Ces enfants qui arrivent à l’Anafoot ont tous un rêve : faire un jour du football leur profession et marcher sur les pas de leurs idoles locales et mondiales. Nous allons les préparer aux exigences du football professionnel et de la vie en société notamment. A l’Anafoot, l’avenir et la formation ne tourneront pas qu’autour du football. (…). Nous envisageons former les stadiers, les kits-masters, les vidéos analystes, les préparateurs physiques, les kinésithérapeutes, des animateurs de quartier qui pourront être mis à la disposition des mairies. Ceux qui n’auront pas excellé dans le football s’orienteront naturellement vers la vie active comme tous les jeunes scolarisés, mais enrichis d’une grande expérience humaine ainsi que des valeurs que véhicule l’éducation sportive.

Sur le terrain, quel sera concrètement l’apport de la direction générale et du Conseil d’administration présidé par l’ancien président de la CAF Issa Hayatou ?

De haut de son expérience, le président du Conseil d’administration de l’Anafoot répond présent à chacune de nos préoccupations. En ce qui me concerne, je suis moi-même entraîneur de football. Je sais quels sont les problèmes des footballeurs, je sais comment parler et encadrer les jeunes-filles. J’ai passé une dizaine d’années de ma vie à travailler comme sélectionneur de l’équipe féminine. Quand les choses coinceront, je tronquerai volontiers, mon costume de DG contre des équipements de sport pour accompagner la jeunesse que le Chef de l’Etat a bien voulu que nous formions.

L’Anafoot a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

L’Anafoot est un projet qui tient à cœur au chef de l’Etat du Cameroun. Je sais que les gouvernants sont conscients du rôle que doit jouer l’Académie dans l’amélioration de la qualité de notre football, dans l’amélioration des performances de nos clubs et nos sélections nationales. J’ose croire que les moyens nécessaires au bon fonctionnement de la structure seront toujours disponibles à temps pour permettre de bien prendre le départ. Vous savez, le stylo du footballeur, c’est son ballon. Son cahier, c’est le terrain d’entraînement. Avec de bonnes infrastructures, du matériel sportif, nous pourrons avoir des footballeurs bien faits au bout de six années puisque les enfants passeront une année dans les pôles.

CAF

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